Les Oeuvres

« N’as-tu pas observé, en te promenant dans cette ville, que d’entre les édifices dont elle est peuplée, les uns sont muets, les autres parlent et d’autres enfin, qui sont les plus rares, chantent ? »

cf. Eupalinos, Paul Valéry.

livre

Explorer les correspondances entre la création et la ville permettra-t-il de se mettre à l’écoute des bâtiments urbains, de la vie qui se déroule à l’intérieur et alentour, depuis hier et dans la préfiguration des lendemains ?

Tel est du moins l’objectif visé par la quinzième édition du Salon international de Tanger, des livres et des arts.

La Ville s’étend, se dresse, se multiplie. Vaste théâtre où se joue la condition humaine, dans son étreinte minérale, elle laisse circuler pourtant l’énergie vitale des formes les plus diverses de la créativité que l’architecture propose et met en mouvement. Ecrivains et artistes s’emparent de sa force pour irriguer les œuvres où perce parfois une révolte contre sa démesure. Urbanistes et sociologues croisent leurs analyses afin de concevoir le développement de constructions durables, d’espaces publics où les hommes pourront mêler diversité des origines, projets communs, réalisation individuelle. Emblème de la mixité, le capital génétique de la ville est nourri des cultures qui la composent.

Telle est Tanger, à l’avant poste septentrional de l’Afrique. Tanger, au destin mythique, où se croisent tous les enjeux de la modernité, comme dans les nombreuses cités visitées durant ce Salon. La réflexion sur l’Art sera omniprésente puisqu’il règne à l’intérieur et hors des musées, dans les rues, les lieux publics et les faubourgs, mais aussi dans les demeures de chacun où il exalte l’imaginaire.

A l’écoute de cette profonde rumeur, le comédien Marcel Bozonnet fera entendre la voix des villes, dans l’écho de textes écrits par certains invités. Surgiront ainsi Marrakech, Fès, Essaouira, Casablanca, puis Rome, Paris, Marseille, Barcelone, Madrid et d’autres encore, ces villes qui ne cessent d’habiter les rêves des hommes…

Et nous rejoindrons Marcel Proust : « Les noms donnent à chaque ville qu’ils nomment une couleur différente […] Ils ne nous en disent pas plus, sinon qu’elle est unique, qu’elle est un être, ils se laissent remplir par notre imagination […] Les noms parce qu’ils sont l’asile des rêves, sont les aimants du désir. »

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